La corrosion sous isolation

Détection d'une anomalie sur le réseau de tuyau et de calorifuge d'un client de Patey Isolation de la région bordelaise

C'est probablement le mécanisme de dégradation le plus coûteux des installations industrielles, et le plus difficile à voir venir. La corrosion sous isolation, CUI pour corrosion under insulation, attaque la paroi de vos tuyauteries à l'abri du calorifuge, sans aucun signe extérieur, parfois pendant des années. Quand elle se manifeste, c'est en général par une fuite.

Paradoxe apparent : c'est l'isolation, censée protéger, qui crée les conditions de l'attaque. En réalité, ce n'est pas l'isolation qui est en cause, mais l'eau qui s'y trouve piégée.

Photo de corrosion sous isolant, habillage déposé
alt suggéré : « Corrosion sous isolation constatée sur une tuyauterie industrielle après dépose du calorifuge »
La corrosion se développe entre l'isolant et le métal, invisible tant que l'habillage reste en place.
À intégrerVous disposez de plusieurs photos de corrosion sous isolant. Ce sont les visuels les plus utiles de tout l'article : ils prouvent que vous avez rencontré le problème sur le terrain. Aucun de vos concurrents régionaux n'en publie.

Le mécanisme

Le point de départ est toujours le même : de l'eau atteint la paroi métallique et y reste. Elle peut provenir d'une infiltration de pluie par une tôlerie ouverte ou mal recouverte, de la condensation sur un réseau froid mal pare-vaporisé, d'un lavage de sol au jet, ou d'une fuite d'un équipement voisin.

TEMPS 01

L'eau atteint la paroi

Infiltration par la tôlerie, condensation sur réseau froid, lavage au jet ou fuite d'un équipement voisin.

TEMPS 02

Elle ne s'évacue plus

Sous l'isolant, l'eau stagne au contact du métal, dans un espace confiné dont elle ne ressort pas.

TEMPS 03

Les contaminants se concentrent

Les cycles thermiques alternent évaporation et recondensation, concentrant chlorures, sulfates et sels dissous.

Les cycles thermiques de l'installation, mise en chauffe, refroidissement et arrêts, alternent phases d'évaporation et de recondensation, ce qui concentre progressivement les contaminants dissous : chlorures, sulfates, sels apportés par l'atmosphère ou lessivés de l'environnement. L'oxygène, renouvelé à chaque respiration du système, complète le tableau.

Le résultat est une cellule de corrosion active, permanente, et totalement invisible depuis l'extérieur.

Les plages de température à risque

Tout l'intérêt du sujet tient dans une donnée : la CUI ne frappe pas partout de la même façon.

Acier au carbone

Entre 60 °C et 175 °C

C'est la zone la plus dangereuse. En dessous, la corrosion progresse plus lentement. Au-dessus, la paroi est trop chaude pour que l'eau reste liquide.

Cette fenêtre intermédiaire permet les cycles d'humidification et de séchage les plus destructeurs. C'est aussi, malheureusement, la plage de fonctionnement la plus courante en industrie de process.

Inox austénitique

Fissuration par les chlorures

Le mécanisme est différent et plus insidieux : la fissuration par corrosion sous contrainte en milieu chloruré. Les chlorures se concentrent sous l'isolant et attaquent un métal sous tension.

Le résultat n'est pas un amincissement progressif de la paroi, mais des fissures fines et ramifiées, beaucoup plus difficiles à détecter, pouvant conduire à une rupture brutale.

Référence internationale

L'API RP 583 encadre l'analyse du risque de corrosion sous isolation et les stratégies d'inspection associées.

Les configurations les plus exposées

Certaines situations concentrent les problèmes.

Réseaux à service intermittent

En veille ou en fonctionnement discontinu, ils multiplient les cycles mouillage-séchage, les plus destructeurs.

Les points bas

L'eau infiltrée en hauteur descend par gravité et finit par s'accumuler dans les points bas du réseau.

Traversées, supports et brides

La continuité de la protection y est nécessairement interrompue. Ce sont les portes d'entrée de l'eau.

Extérieurs exposés à la pluie

Dès que la tôlerie présente un défaut de recouvrement, l'eau entre et ne ressort plus.

Les réseaux froids

La condensation y est permanente en l'absence de pare-vapeur continu, sans qu'aucune infiltration extérieure soit nécessaire.

Zones lavées au jet

Fréquentes en agroalimentaire, elles projettent de l'eau sous pression dans le moindre défaut de finition.

Ce que vous pouvez repérer sans démonter

La CUI est invisible, mais ses causes ne le sont pas. Un tour d'installation permet déjà de repérer les zones à surveiller.

Une tôlerie ouverte, déformée, percée, ou dont les recouvrements sont posés dans le mauvais sens.

Des traces de rouille ou des coulures brunes sortant d'un joint de calorifuge.

Un isolant tassé, affaissé, ou visiblement gorgé d'eau.

De la condensation ou du givre en surface d'un réseau froid, signe d'un pare-vapeur défaillant.

Des points singuliers laissés nus après une intervention de maintenance.

Chacun de ces signaux justifie un examen plus poussé, avec dépose locale de l'isolant.

Notre offre de diagnostic et de maintenance →

La prévention passe par la mise en œuvre

Il n'existe pas de remède miracle : la seule prévention efficace, c'est un calorifuge correctement conçu et correctement posé.

Cela suppose une protection extérieure réellement étanche, avec des recouvrements orientés pour évacuer l'eau ; un pare-vapeur continu sur toutes les applications froides, y compris aux points singuliers et aux supports ; le choix d'isolants adaptés, notamment à faible teneur en chlorures lixiviables sur les inox austénitiques ; et un traitement soigné des points de discontinuité, qui sont les portes d'entrée de l'eau.

Le référentiel applicable

C'est exactement ce qu'encadre le NF DTU 45.2, référentiel de mise en œuvre de l'isolation thermique des circuits, appareils et accessoires.

Lire notre guide du calorifugeage industriel →

Faire le point sur vos installations

Si votre calorifuge a plus de dix ou quinze ans, s'il a été rouvert plusieurs fois pour maintenance, ou si vous constatez l'un des signaux décrits plus haut, une inspection s'impose.

Depuis 1982, Patey Isolation intervient sur des sites chimiques, pharmaceutiques et agroalimentaires en Gironde et en Nouvelle-Aquitaine. Nous réalisons les déposes, les diagnostics visuels et la reprise complète de vos calorifuges dégradés.

Contactez-nous au 05 57 68 73 81 pour une étude gratuite de vos installations.

Demander une inspection →

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la corrosion sous isolation ?

C'est l'attaque du métal d'une tuyauterie ou d'un équipement sous la couche d'isolant qui le recouvre. Elle se produit lorsque de l'eau atteint le support et y reste piégée, sans pouvoir s'évaporer. Elle est invisible tant que l'habillage n'est pas déposé.

L'inox est-il à l'abri de la corrosion sous isolation ?

Non, et c'est une idée reçue fréquente. Les aciers inoxydables austénitiques sont exposés à la fissuration par corrosion sous contrainte en présence de chlorures, un phénomène qui peut traverser la paroi sans amincissement visible.

À partir de quel âge faut-il inspecter un calorifuge ?

Au-delà de dix à quinze ans, ou plus tôt sur un réseau ayant été rouvert plusieurs fois pour maintenance. L'apparition de coulures, de zones humides ou d'une tôlerie dégradée justifie une inspection sans attendre ce délai.

Faut-il déposer toute l'isolation pour diagnostiquer ?

Non. Le diagnostic commence par une inspection visuelle des signaux extérieurs, complétée par des déposes locales aux endroits les plus exposés. La dépose générale n'intervient que si ces sondages révèlent une atteinte étendue.

Comment éviter la corrosion sous isolation ?

Par une finition réellement étanche aux recouvrements bien orientés, un pare-vapeur continu sur les applications froides, des isolants à faible teneur en chlorures lixiviables sur les inox austénitiques, et un traitement soigné de tous les points de discontinuité.

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